Comment éviter le « group think » dans la lutte contre la fraude ?

Big Brother

Dans son fameux roman 1984, George Orwel[1] décrit – entre autres – un monde de désinformation, ou la langue est détournée et la logique devient subversive, voire hérétique. Seule compte l’idéologie du parti, et seuls sont admis les éléments de langages provenant de celui-ci.
En 1972, Irving Janis théorise et définit la pensée de groupe (en anglais Groupthink) comme « Un mode de pensée dont les gens usent lorsqu’ils sont profondément impliqués dans un groupe uni, quand le désir d’unanimité des membres outrepasse leur motivation à concevoir d’autres solutions de façon réaliste[2]. »

Si ce roman, et ces analyses de référence nourrissent notre connaissance, force est de constater que nos organisations subissent régulièrement des atteintes à la rationalité, qui inhibent la capacité de raisonner et de prendre des décision objectives. De fait, ces décisions sont parfois absurdes[3], comme l’écrit Christian Morel en 2002.

Les symptômes de la pensée de groupe sont principalement de trois types :

  1. la surestimation du groupe, de son pouvoir et de sa moralité,
  2. l’étroitesse d’esprit, qui conduit à ignorer des signaux ou alertes pouvant potentiellement amener à reconsidérer une position,
  3. la pression du groupe pour inhiber les arguments contraires, forme d’autocensure qui donne une illusion partagée de l’unanimité du groupe.

Dans la lutte contre la fraude, de tels risques existent dans l’analyse de situation existantes :

  1. l’entreprise est un Etablissement de référence, qui a réalisé des recrutements de qualité,
  2. l’analyse de signaux faibles peut se traduire par une hausse significative de fausses alertes, ce qui viendrait nuire à la qualité de la relation client,
  3. si les spécialistes de lutte contre la fraude portent des déclarations de soupçon, c’est bien souvent au détriment du développement de la base client.

Bien sûr, il serait caricatural d’écrire que cette situation est généralisée, mais la tendance et les conflits internes à l’organisation donnent parfois un terreau favorable à l’émergence d’une pensée libre entravée, de type « group-think ».

Alimenter l’outil d’analyse par des bases de données externes : une pratique recommandée par l’ACPR

De fait, pour éviter une analyse en vase clos des données clients, il est bon de confronter les données collectées à des bases extérieures. La confrontation de la donnée permet de valider ou invalider une position, dans tous les cas de questionner sur la pertinence d’un scoring, ou simplement de le confirmer, ce qui permet auquel cas de lever une alerte avec plus de force. C’est pourquoi l’Autorité de Contrôle souhaite que ses Établissements agréés systématisent l’intégration de données extérieures.

C’est ainsi que la solution Heptalytics est conçue : les données transactionnelles, les données comportementales collectées sont systématiquement confrontées à des données extérieures. C’est une des forces de notre modèle, et c’est pourquoi Heptalytics apporte des résultats aussi pertinents auprès de ses clients.

[1] ORWEL, George, Nineteen Eighty-four, London, 1949
[2] JANIS, Irving, Victims of Groupthink: A Psychological Study of Foreign-Policy Decisions and Fiascoes, Boston, 1972
[3] MOREL, Christian, Les Décisions absurdes – Sociologie des erreurs radicales et persistantes, Gallimard, 2002